Il perd ses moyens en DS

Publié le 10 mars 2026 à 11:57

Le stress ? Ce n'est pas ce que vous croyez

Il est sensible, émotif, pas confiance en lui ... bla bla bla. C'est pas faux, mais c'est pas la source du problème.

On est stressé quand on n'est pas prêt. Quand on est vraiment prêt, on a le trac, au pire, la peur de ne pas faire aussi bien qu'on pourrait. La nuance est importante : avec le trac, on a peut-être 16 au lieu de 18. Avec le stress, on a 10, 8, 6, et ce n'est pas l'émotion qui fait mal, c'est le manque de préparation.

La preuve : même avec un stress maximal, vous savez toujours votre nom. Vous savez combien font 2+2.

Ce manque de préparation n'est pas toujours de la paresse. Il vient souvent d'une croyance tenace : il suffit de comprendre pour savoir faire. C'est faux. Et c'est précisément ce qui fait la différence entre un bon élève et un élève excellent.

Comprendre est nécessaire mais insuffisant.

Les musiciens le savent : on ne devient pas pianiste en comprenant qu'il faut appuyer sur la touche de La. On le devient en le faisant tous les jours. 7 × 30 minutes n'équivaut pas 1 × 3h30, même en poussant à 10 heures d'une traite. Le bachotage de dernière minute, c'est à oublier définitivement.

Le cerveau a besoin de répétition pour intégrer, automatiser, exécuter sans effort. Quand vous vous brossez les dents, vous ne réfléchissez plus, vous ne stressez pas d'avaler du dentifrice même invité à l'Élysée. Parce que ce geste est automatique.

C'est exactement ce que l'automatisation fait en classe : elle libère du cerveau disponible pour les tâches complexes. Le pilote de ligne enclenche le pilotage automatique, rassuré, il peut intervenir avec sang-froid si nécessaire. Sans automatisation, le cerveau surchauffe, déconnecte, abandonne. Trop de tâches en parallèle, bienvenue le stress.

Les exercices routiniers, répétitifs, apparemment ennuyeux, ce sont les gammes de l'écolier. C'est ce qui permet d'enclencher le mode automatique le jour J.

Pas glamour. Mais imparable.